Le pays basque espagnol

Jeudi 3 Septembre 2020, Oitz, Espagne – JOUR 39

Salut les amis ! Vous m’avez manqué !

Hier, mercredi, je suis resté à Bayonne pour me reposer. Enfin, j’ai tout de même marché pas loin de 10 km à travers Anglet, pour rejoindre une plage ! Sur la route de la plage, j’ai acheté un ananas, une orange et des pommes, que j’ai mangés sur la route. J’adore les fruits. Mais, j’en mange trop ! Et le trop, c’est l’ennemi du bien, comme chacun le sait. Tu t’en fiches ? T’as bien raison !
Franchement je n’ai pas trouvé cela très joli, en termes d’urbanisme, Anglet. Pas de cohérence apparente, plutôt une espèce d’amas d’immeubles par-ci par-là, avec des routes autour. J’ai pu traverser uniquement des coins moches vous me direz !
Finalement arrivé sur la plage, je me suis posé non loin de l’océan, sur ma mini serviette même pas assez grande pour étaler ma grande carcasse dessus. Cela ne m’a guère dérangé, car je suis resté seulement une petite demi-heure sur la plage (contrairement aux filles, je n’aime guère rester sur la plage pour bronzer !). J’ai fait un plouf, histoire de dire que je me suis baigné, puis j’ai récupéré un bus et suis rentré à mon hôtel. J’ai regardé un bout de film sur mon lit, et je suis ressorti en ville pour faire la même chose que la veille : errer ! Voilà pour mercredi.

Ce matin, jeudi donc, grand grand beau encore, ça m’a motivé pour démarrer la journée ! Le casque vissé sur la tête, les lunettes cassées posées sur le nez, barbouillé de crème solaire, j’ai donc tablé pour la matinée sur Biarritz et la côte Basque, via le port de Bayonne, dans lequel on retrouve les éternelles grues portuaires qui me font toujours penser à des machines tout droit sorties de l’univers Star Wars.

Biarritz étant tout proche, c’est après seulement quelques minutes que j’ai atteint la plage de la petite chambre d’amour, dernière portion de la côte d’Argent, encadrée au nord par la grotte de la chambre d’amour (qui tient son nom à la légende selon laquelle 2 amants s’étaient retrouvés pour jurer un amour pour la vie, avant de se faire coincer par la montée des eaux rapide due à un orage), et au sud par le phare d’Anglet.

Pas beaucoup de baigneurs ce matin…

Au bout de la plage, on tombe sur l’ancien bunker « Kaverne » de la Wehrmacht, composé de 3 pièces, dont seules les ouvertures étaient visibles, et qui était équipé de 2 canons russes et d’une mitrailleuse lourde.

Plutôt avantageuse la position contre ceux qui arrivaient par bateau !

Après avoir grimpé sec la portion qui permet de grimper sur la falaise (on n’est plus dans les Landes niveau dénivelé, on arrive sur la côte basque !), j’ai fini par accéder à la fameuse ville de Biarritz.

Première chose assez surprenante à savoir sur Biarritz, à mon avis, c’est la ville en France où il pleut le plus en quantité (pas en nombre de jours plus) ! Tu ne savais pas non plus, hein ? Maintenant, tu le sais ! On retrouve l’ambiance des stations balnéaires normandes (Deauville, le Touquet et tout et tout), c’est-à-dire un air de bon vivre (quand on est riche), la présence de la mer pas loin, une envie de se poser sur une terrasse pour déguster une glace ou un apéro… La belle vie quoi !

Des villas partout, une belle plage, des beaux magasins, on comprend vite pourquoi tant de gens viennent y passer l’été sur cette côte ! Entre Biarritz et Saint-Jean-de-Luz, c’est bordé de petits lotissements bien mignons bien charmants !

J’ai appris le jour même qu’une ancienne collègue de travail était également à Biarritz ce jour, mais je n’ai pas pensé à lui dire à temps, donc on ne s’est pas vus ! Ca aurait été l’occase pourtant !

Plus loin sur ma route, je me suis arrêté me faire voler mes deniers en plein jour, comme on dit, dans une épicerie Vival locale. Autant dire qu’ils resteront riches les propriétaires, même en pleine crise ! Malades, va !!!
Enfin bon, c’est comme au Monopoly : c’est cher mais j’en ai besoin, donc j’achète.

Comme elle est charmante cette place ! Je ne sais plus où c’est…

Les sacoches bien pleines, j’ai poursuivi ma route pas bien loin de Hendaye, et j’ai fait une halte pour admirer la vue de notre cher Atlantique, océan qui m’a accompagné sur plusieurs centaines de kilomètres malgré tout, et qu’il va falloir quitter, pour enfiler le maillot à poids et entamer la partie montagne !

Enfin je dis cela, mais en réalité je n’avais aucune idée de la suite des événements pour moi. Car j’avais grandement envie d’aller en Espagne (ce serait une première pour moi), mais comme j’allais me retrouver dans un pays étranger, en montagne, sans spécialement d’itinéraire pour vélo, je n’étais franchement pas chaud, soyez-en assurés ! Malgré la chaleur… J’étais un peu déçu, car j’empruntais jusqu’alors l’EV1, la Vélodyssée, qui devait logiquement continuer en Espagne ! Mais, sur le site français de la Vélodyssée, il n’y avait aucune info ! Nulle part…Heureusement, comme je suis un petit malin (en réalité je ne sais plus si j’ai fait exprès ou pas), je suis passé par le site espagnol de l’EV1 directement, et j’ai appris que l’itinéraire continuait bien là où j’allais le laisser, c’est-à-dire à Hendaye (pour la partie française). Ouf !

Hendaye, dont je n’avais jamais entendu parler avant d’y arriver, qui marque la fin de notre beau pays pour ouvrir sur l’Espagne. Pays dans lequel je n’ai jamais été, et non ! Ca me tarde d’en voir un bout, même minuscule !
Je disais donc Hendaye, bordée par de grandes plages de sable fin. De l’autre côté de la rivière qui sépare le jambon de Bayonne de la pata negra, on trouve Irun, une bien jolie ville que je n’aurai pas le temps de visiter !
J’ai fait un petit tour dans la ville de Hendaye, vite fait, que j’ai trouvée jolie, assez remplie de touristes, mais je ne me suis pas attardé car je n’étais pas certain de l’itinéraire, et la journée était loin d’être finie !

Dans le doute, je suis retourné dans une supérette pour acheter des pâtes (aliment passe-partout quand on ne sait pas ce qu’il peut nous arriver), une sauce tomate et un peu de jambon cru.
De la même façon, comme j’allais me lancer à l’inconnu dans les Pyrénées, et qu’il faisait grave chaud, je me suis arrêté dans un bar pour remplir mes gourdes et ma poche à eau de plusieurs litres, ce qui a apparemment déplu à la dame qui gérait le bar. Elle aurait sans doute préféré que je lui laisse quelques euros. Et bah non, vieille peau ! Une prochaine fois, looool.
Cela faisait depuis le début de mon voyage que je n’avais pas utilisé cette poche à eau, qui prenait un peu de place pour pas grand-chose. Mais, elle allait sans doute m’être utile pour cette fois. Ça ne me réjouissait pas tellement de me rajouter 3 ou 4 kilos de flotte, quand il s’agit de pédaler en montée, mais comme dirait l’autre, mieux vaut souffrir que mourir de soif !
Après avoir traversé le pont qui sépare la France de l’Espagne, j’ai cherché l’itinéraire de la véloroute et l’ai trouvé rapide, car c’était sur ma gauche, juste après le pont ! C’était déjà un bon point d’avoir trouvé la route. Maintenant, « il faut y aller », comme on dit ! Avant d’enclencher la première, je me suis tout de même arrêté pour y réfléchir à 2 fois dans quoi je me lançais : les Pyrénées, des montagnes, dans la partie espagnole, sans camping sur la route… Imaginez qu’il arrive quelque chose et que je n’ai pas de réseau pour prévenir quelqu’un ? D’où la nourriture et l’eau pour 24 heures au moins ! C’est pas non plus dans l’Himalaya que je m’engageais !

Comme j’avais 3 sources d’infos (Google Maps, Komoot, et le site internet espagnol de l’EV1), je n’arrivais pas à savoir ce qui m’attendait en termes d’étapes. L’une disait que j’allais me taper un gros 1000 m de dénivelé, l’autre me disait plutôt 400 m, et la dernière plutôt 1000 m aussi… Ca commençait bien l’affaire, aucune idée de la durée ni de la difficulté de l’étape !

Mais, comme il fallait partir, car cela faisait plusieurs dizaines de minutes que je tournais en rond bêtement, je me suis engagé sur le chemin indiqué par le panneau de l’EV1 espagnole. Un chemin plutôt pourri d’ailleurs, il fallait le reconnaitre, c’est-à-dire plutôt pour VTT qu’autre chose.

A part la qualité médiocre de la route, c’était plutôt joli. On longe la Bidassoa, rivière de montagne qui joue le rôle de frontière France-Espagne sur quelques kilomètres. L’avantage du voyage à vélo, c’est qu’on a le temps de voir dans quoi on s’engage, en l’occurrence dans les Pyrénées. C’est pratique !

T’arrives pas à lire ? … Dommage !

Après quelques minutes d’effort (quelle chaleur il faisait !), j’ai commencé à me détendre un peu, car il se trouvait que la route était bien indiquée, et que mon objectif d’atteindre Donetzebe-San Esteban était réalisable ! J’allais pouvoir dormir dans une espèce de village-étape, aussi étais-je rassuré. J’ai avalé les derniers kilomètres en passant dans plusieurs petits tunnels, puis je suis arrivé dans la petite ville tant attendue de Donetzebe-San Esteban. Enfin !

Il ne m’a pas fallu longtemps pour trouver une auberge dans laquelle me désaltérer, qui se trouvait être un hostel spécial pour voyageurs à vélos (normal sur une Eurovélo vous me direz). Par contre, j’ai arrêté de sourire quand j’ai demandé à demoiselle qui me servait combien coûtait une chambre… 58€ qu’elle me répond ! CRAC ! Pourquoi payer autant de cette espèce de trou perdu, quand je payais moins cher à Bayonne sérieux ? Ca m’a gonflé l’histoire ! J’ai préféré manger mes tapas tranquille, boire mon jus de fruit, et repartir pour essayer de trouver un endroit pour y passer la nuit. Je sentais d’ailleurs qu’il était temps pour moi de dormir à nouveau dehors ! Les conditions étaient parfaites aujourd’hui !
C’était seulement la deuxième nuit que j’allais passer en camping sauvage, je pouvais bien prendre un peu sur moi et mon confort habituel pour économiser un peu !

J’ai donc quitté cette charmante petite ville pour embrayer sur la route du lendemain, en comptant trouver un bout de champ où je ne risquais pas de me faire embêter par la police locale. J’avais demandé s’il était autorisé de dormir dehors en Espagne, on avait dû me répondre que oui, sinon je n’aurais sans doute pas osé gruger dans un pays étranger.
Dès la sortie du village, la route montait sec, aussi me suis-je dis que je n’allais pas faire des bornes et des bornes avant de m’arrêter me reposer après cette assez dure journée.

Les alentours étaient magnifiques : une impression de vie partout où se posait mon regard, tout était vert, le crépuscule était à couper le souffle. Les maisons locales s’apparentaient à de vieilles fermes plus ou moins reconverties, dont la plupart étaient peintes en blanc, ce qui augmentait cette impression de clarté de l’atmosphère. A nouveau, ce sentiment précieux de liberté m’envahit. La découverte est ce qu’il y a de mieux pour se sentir vivre. On travaille tous les sens, en plus du cerveau… Rien de mieux pour se renouveler !

Arrivé dans un petit village, j’ai demandé à des habitants (avec mon plus bel espagnol) s’ils connaissaient un endroit où je pouvais poser ma tente de camping. Ils m’ont parlé d’un camping qui se situait dans la direction opposée. J’avais eu vent de l’existence de ce camping quand je m’étais engagé sur la partie espagnole de l’EV1, plus tôt dans la journée, mais c’était trop proche de Bayonne, je ne voulais pas m’arrêter si vite. J’ai donc remercié les 2 dames qui ont gentiment pris la peine de répondre à un touriste comme moi, et j’ai poursuivi ma route. Hors de question de faire demi-tour de toute façon, j’ai horreur de ça !
Arrivé au petit village suivant, Oitz, j’ai demandé à un vieux monsieur s’il connaissait un endroit dans lequel je pouvais mettre ma tente, et il m’a répondu un truc que j’ai pas bien compris. J’avais capté le mot « fuente » (fontaine en français), super, et après l’avoir remercié j’ai pris la direction des hauteurs du village. Là, je suis tombé sur une espèce de dépôt de gravats, environ 50 m de long par 20 de large, parfaitement plat, qui bordait une maison. Comme personne n’était apparemment présent dans la maison (de l’extérieur en tout cas), je me suis dit que j’allais pouvoir m’installer là pour la nuit sans risquer de question gênante.

J’ai donc posé le vélo, décroché les sacoches du porte-bagages mais sans les défaire, puis me suis assis pour profiter un peu de la superbe vue qui s’offrait à moi. Des montagnes, des bruits de pâturages, des chiens qui aboient, que demander de plus ? (A part demander aux chiens de se taire)

Alors ça allait être une soirée sans douche ! Enfin pas tout à fait, car j’avais repéré en venant ici une fontaine un peu plus bas, dans le village. Je suis donc descendu me rafraîchir et faire une toilette express (sans savon, cela va sans dire). Une fois cette chose faite, je suis remonté à mon campement de fortune. Je n’avais pas grand-chose à faire de spécial, si ce n’est manger et dormir. Mais il était trop tôt pour faire l’une ou l’autre chose. Je suis parti rapidement me promener un peu plus haut, puis je suis redescendu. A ce moment-là, un fourgon est arrivé devant le portail de la maison. « Gloups » me suis-je dit, car j’en avais conclu que le propriétaire était de retour chez lui, après une dure journée de travail. J’espérais qu’il allait accepter que je reste sur son terrain ! Il est sorti de sa voiture, il m’a regardé, je l’ai regardé, on s’est regardé, puis il est venu me parler. Malheureusement je ne comprenais plus grand-chose à l’espagnol, moi qui pourtant l’avais appris entre la 4ème et la terminale. Il faut dire aussi que c’était sûrement un mélange d’espagnol et de basque, une sorte de patois local !
Je lui ai fait comprendre que je souhaitais rester là juste pour la nuit, que je faisais un voyage autour de la France (et un peu de l’Espagne) en vélo. Il a trouvé cela super, et en plus de m’autoriser à rester sur son terrain, il m’a proposé un sandwich et une chaise. Vraiment sympa les gens !! Je suis grave content de voir cela de mes propres yeux quasiment tous les jours. Le peuple est globalement super sympa quoi !

J’ai décliné sa proposition de sandwich car j’avais déjà ce qu’il fallait, puis il est rentré chez lui. J’ai mangé, puis j’ai attendu que la nuit se lève pour décider finalement que je n’allais pas sortir la tente, et dormir littéralement à la belle étoile ! C’était carrément le moment de le faire ! Par contre il y avait des lampadaires un peu partout en réalité, dont la lumière risquait fort de me déranger… Tant pis, ça fait partie de la vie !

Allez, une bonne nuit quand même hein !

Vendredi 4 septembre 2020, Pampelune, Espagne – JOUR 40

¡ Holà !

Bon, pas terrible cette nuit, même si ça s’annonçait bien sur le papier ! La faute aux nombreux bruits qui ont accompagné mon sommeil léger, les chiens qui aboyaient ou les troupeaux qui faisaient tinter leur cloche, l’humidité mordante de la nuit, et le froid du petit matin ont eu raison de moi. Pas certain qu’avec la tente au-dessus c’eût été mieux, il faut le reconnaître, mais bon, j’ai quand même fermé un peu les yeux !

En tout cas, de bon matin il faisait un temps parfait, et déjà la fatigue s’en allait face à la perspective d’une journée supplémentaire des ces fameuses Pyrénées dont j’ignorais tout !
J’ai pris le traditionnel café soluble du matin, toujours aussi imbuvable, puis j’ai enfourché le vélo, après avoir au préalable fait sécher ce qui nécessitait un séchage.

Et en avant Guiguamp !, comme on dit !

Direct ça grimpait ! A peine eu le temps de m’échauffer que je gravissais déjà un premier sommet. C’est affolant la lenteur avec laquelle on avance quand on grimpe un col, à cause du poids des bagages. Mais c’est comme ça, ça fait partie du truc, et ça permet de travailler la patience aussi. Il n’y avait quasi personne sur ces routes de montagne, c’était essentiellement agricole comme activité, donc plutôt à base de tracteur et de troupeaux. Cela a son charme, c’est certain ! Tenez, j’ai même vu pour la première fois un troupeau de chevaux qui avaient des cloches autour du cou ! Ils ont traversé la route sur laquelle je me situais, et j’ai pu les admirer, ainsi que le berger qui menait la danse. Magnifique !

La matinée s’est déroulée sans encombre, si ce n’est qu’il y avait des moments où le vent était si fort qu’il fallait que je descende du vélo ! Un truc de fou quoi ! Notamment quand les montagnes se rapprochaient et donc rétrécissaient le passage de l’air, créant ainsi un effet goulot propice à l’accélération des fluides qui passent à travers.

Regardez-moi ces magnifiques façades blanches qui réfléchissent le beau soleil d’Espagne !

J’ai franchi le point haut « Alto de Gorostieta » vers midi, qui était le point culminant de la journée, à 838 m d’altitude. J’étais bien content de moi, car le reste de la journée allait se faire en pente descendante ! Après l’effort, le réconfort !
A ce stade de la journée, je ne savais encore pas exactement où j’allais terminer plus tard, j’ai donc décidé d’avancer comme je pouvais, et d’aviser plus tard pour la suite.

Point culminant de la journée !

Dans l’après-midi, je suis passé devant une espèce de bar/épicerie. Comme j’avais sacrément chaud, j’ai décidé qu’une petite halte me ferait le plus grand bien. J’avais traversé pas mal de patelins tout petits tout mignons, dont les noms sont plutôt illisibles, et d’ailleurs que je n’ai pas retenus (le basque n’a pas l’air facile !). Et, un petit rafraichissant s’imposait !
J’ai donc posé mon vélo à l’entrée, puis je me suis posé à une table, proche d’une prise électrique pour recharger mon téléphone.

J’ai commandé (en anglais) à la jeune demoiselle, puis j’ai savouré la boisson fraîche et sucrée assis sur le banc en bois. Il n’y avait pas grand monde dans l’établissement. Sans doute les habitants faisaient la sieste…
Après m’être désaltéré, je suis passé dans la partie « supérette » pour acheter quelques fruits, et je suis reparti sous le soleil de plomb caractéristique de l’Espagne (m’a-t-on dit). L’itinéraire se constituait d’un mix de routes et de chemins, moi qui roulais essentiellement sur des routes plus tôt dans la matinée. Ca changeait un peu ! En parlant de changement, j’ai même aperçu un renard au loin ! Je crois que c’est la première fois que j’avais le loisir d’en observer un plus longtemps que le permettait en général le temps de frôler l’animal en voiture, à grande vitesse sur une route de campagne…

Après cet épisode animalier, j’ai enchaîné pour m’arrêter un peu plus loin, à l’ombre d’arbres qui bordaient une rivière, sur des tables prévues à cet effet. J’ai mangé léger, puis j’ai continué vers le sud-est, tranquillement mais sûrement.
A un moment donné, je suis passé sous un haut viaduc, qui enjambait bien des choses, mais notamment une rivière. « Quelle excellente occasion de me baigner » me suis-je dit ! J’ai donc garé la bécane pas très loin de l’eau, et me suis mis en sous-vêtements pour goûter au plaisir du rafraichissement immédiat et naturel de l’eau de rivière de montagne. Alors, ça n’aura pas duré longtemps tant l’eau était froide (après tout, la rivière provient de la montagne…), mais j’étais content de l’avoir fait ! C’était seulement la première fois que je me baignais dans une rivière depuis que j’avais commencé ce voyage !

Bon j’ai pris le viaduc en photo, pas le cours d’eau !

Arrivé à Irrutzùn, qui marquait officiellement la fin de la 2ème étape de l’EV1 espagnole, j’ai fait une pause pour voir où se situait Pampelune, mon objectif théorique final. J’avais largement le temps d’y aller, c’est pourquoi je suis reparti aussitôt : arriver le plus tôt possible dans les villes pour avoir le temps de les visiter, voilà l’objectif !

Cette dernière partie d’itinéraire, quasi linéaire, m’a fait découvrir un décor nouveau : j’étais bien loin des monts verdoyants de la matinée, mais plutôt dans une espèce d’ambiance désertique à souhait, tout aussi magnifique, renforcée par le soleil brûlant au-dessus de moi. Je voyais à des kilomètres au loin, et l’immense ville qui s’offrait à ma vue devant moi avait l’air de sortir de nulle part de ce décor aride. J’ai appris après ce voyage qu’il y avait en réalité un désert tout proche de Pampelune, qui s’appelle le désert des Bardenas, et qui a l’air de valoir le détour… Ce sera pour un prochain voyage !

L’itinéraire longe la route principale qui aboutit à Pampelune, ce qui fait renouer le cyclotouriste avec l’urbanisme quelques dizaines de minutes avant d’arriver dans la ville à proprement parler. Dans la banlieue, je me suis arrêté dans un gros dépôt qui vendait toutes sortes de fruits et légumes. Comme j’adore avoir mon melon vert le soir après l’effort, je ne me suis pas refusé d’en acheter un bien dodu. L’avantage, c’est qu’en Espagne le melon vert passe pour « local », car c’est dans ce pays qu’ils sont produits ! J’ai donc fourré le melon dans ma grosse sacoche (qui était maintenant bien pleine), et je suis reparti pour les derniers kilomètres de la journée.

Comme j’avais dormi à la belle étoile la veille, et que j’avais envie de profiter de la ville pleinement (ma première grande ville espagnole !),  j’ai décidé de ne pas aller au camping situé à plusieurs kilomètres à l’extérieur du centre-ville, et de chercher une chambre d’hôtel. Je pourrais me reposer comme ça, en plus de visiter, et ainsi faire d’une pierre 2 coups.
Je me suis donc arrêté sur un banc à l’entrée de la ville, et j’ai commencé la traditionnelle chasse à la chambre d’hôtel la mieux placée et la moins chère !

Google aide beaucoup dans ce cas, avec l’affichage du prix de la nuitée directement sur la carte de la ville. Mon choix s’est arrêté dans une pension, une sorte d’apart hôtel, en plein centre. J’ai donc tablé sur l’adresse indiquée, mais avant cela il fallait d’abord rejoindre la vieille ville, qui se situe en hauteur, derrière les remparts. Et, pour cela, il faut mesdames et messieurs prendre une espèce d’ascenseur oblique qui nous fait grimper sans effort jusqu’à ces remparts. Je n’avais jamais pris ce type d’ascenseur ! Encore moins avec un vélo ! Cela m’arrangeait de ne pas avoir à monter mon vélo via des escaliers, je vous laisse imaginer la galère !

Enfin bon, je n’ai pas eu besoin de le faire, et j’ai fait mes premiers tours de roues dans la magnifique ville de Pamplona, ville célèbre notamment pour ses lâchers de taureaux en pleine ville, lors des fêtes de San Fermin, qui ont lieu entre le 6 et le 14 juillet tous les ans.
Pampelune, une ville d’un peu plus de 200 000 habitants intra-muros, qui m’a donné l’impression d’être bâtie un peu au milieu de nulle part, proche des montagnes.

Arrivé au pied de la pension, j’ai attaché mon vélo sur un emplacement dédié, à mon plus grand dam car je vous laisse imaginer si on me le pique ou on me le casse… Ma foi, de toute façon il faut bien vivre, arrêtons de vivre avec la peur, et je suis monté m’annoncer, chargé de mes 4 sacoches, et de ma guitare, qui ne me quitte désormais plus. Arrivé à l’accueil, une grosse et vieille dame se chargea en espagnol de prendre mes papiers, et je fus bien content de n’avoir pas eu besoin de recourir à l’anglais (petite fierté personnelle). Une fois la clé récupérée, je pus enfin poser mes bagages dans la chambre sympa qu’on m’avait donnée, et m’asseoir lourdement sur une chaise, le corps tout transpirant et la peau rougie par une deuxième journée quasi caniculaire d’affilée.
Première chose à faire : la douche !! Un coup de lame de rasoir pour faire bonne impression auprès des espagnol(e)s, puis le bonheur absolu : le melon vert bien mûr et bien juteux, et surtout bien mérité ! Bim, je te l’ai dé-gomme ! L’avantage, c’est que ce cucurbitacée est constitué à quasiment 90% d’eau ! Et oui, c’est bien un légume ! Donc on apprécie pleinement son côté hydratant dans ces moments de plein cagnard !

Une fois le ventre plein à craquer, je mis mon éternel « polo de 2ème partie de journée », puis je suis sorti dans la rue partir à la conquête de la ville, comme le fit Charlemagne en son temps. Une ville magnifique, il faut le reconnaître, tout à fait européenne, en ce sens qu’on voyait rapidement autour de soi le résultat de plusieurs siècles d’histoire, qui se sont enchaînés pour donner lieu à une espèce de bijou, comme tant d’autres villes en Europe. J’avais oublié de prendre mes lunettes de soleil par contre, grossière erreur !
À moitié aveuglé par les rayons bientôt obliques du soleil qui amorçait sa descente, j’ai marché au hasard avant d’arriver dans un grand espace vert. Après une rapide recherche sur google maps, il s’avérait que je me situais dans l’enceinte de la fameuse citadelle. Encore une citadelle… Vous me voyez venir ? Même si elle n’a pas été réalisée par Vauban, elle fut modifiée au 18ème siècle par Jorge Prospero de Verboom, qui fut disciple de Vauban (et ouais, quand on est bon, on est sollicité !). Une forme en étoile, aménagée pour la promenade, c’était fort sympathique d’avoir un peu de verdure après mon après-midi plutôt rocheuse.

Un concert allait avoir lieu en plein air, dans l’enceinte de la citadelle, mais ce n’était pas mon objectif de la soirée.

Après un tour dans les Jardines de la Taconera, je me suis promené le long des remparts pour admirer les montagnes alentours, et la ville en contrebas.

El Monumento a Julián Gayarre (apparemment un chanteur d’opéra du 19ème)
Plutôt joli la partie plus moderne en contrebas, non ?

Ensuite, j’ai marché au hasard dans la vieille ville, passant dans un marché couvert (les champions du jambon cru sont espagnols !), de nombreuses petites et grandes rues, puis la fameuse Catedral de Santa Maria la Real, dans laquelle je suis entré me rafraîchir un peu. Et je n’ai pas été déçu, tant l’intérieur (comme l’extérieur) de cet édifice était joli.

Charles III le Noble et son épouse Eléonore

Après un tour rapide de l’édifice, je suis ressorti explorer la vieille ville, pour arriver naturellement sur la place du Château, sur laquelle un marché se tenait. Les gens sortaient petit à petit pour se promener et boire l’apéro, et les 19h30 pointaient gentiment le bout de leur nez. Il fallait que je décide quoi faire pour la suite. Manger tout de suite, ou bien manger dans 1 heure ? J’ai opté pour la deuxième option, souhaitant auparavant me poser 5 min dans ma chambre. Une fois reposé, je suis donc retourné dans la vieille ville dans le but de voir comment faisaient les espagnols pour profiter d’une chaude soirée d’été. Et bien, figurez-vous qu’ils font comme les autres : ils s’assoient à une terrasse, prennent une cerveza bien fraîche, et mangent des tapas ! C’est la petite subtilité, car on trouve rarement des tapas à Strasbourg ou à Londres…

J’ai pas mal hésité pour entrer dans un bar/restaurant, car je comptais bien manger du mieux possible, et ce n’est pas facile quand on ne connait pas ! J’ai donc fait le tour plusieurs fois des rues principales, dans l’air tiède de la nuit qui s’imposait, avant de m’engouffrer dans un petit établissement bien éclairé. J’ai bien fait de ne pas trop attendre, car ça se remplissait à une vitesse !

Bon, pour ce premier bar, je n’ai pas été déçu. La bière n’était pas folichonne, mais c’est l’ambiance qui comptait ! Et les tapas, j’ai l’impression que c’est toujours bon, du moment que t’as un peu faim (comme le reste d’ailleurs). J’ai essayé de commander une deuxième bière, toujours en espagnol :
« La misma, por favor » lui ai-je dit, en bon français que je suis (et fier en plus).
¿Une màs ? qu’il me répond d’un air interrogateur.
¡Una màs ! » (évidemment…)

Miam miam !

Après ce premier bar, j’avais encore faim, et j’ai décidé de faire un peu le touriste de base et d’aller dans les jolies vitrines. Et je n’ai pas été déçu, car c’était succulent ! Des choses à base de fruits de mer et de jambon cru en majorité. Il y avait un monde, c’était impressionnant !
J’ai mangé 8 tapas ce soir, j’ai bu quelques canons, autant vous dire que je risque de ne pas très bien dormir… J’aurais aimé que les espagnols s’intéressent à un petit français moustachu comme moi, histoire d’apprendre un peu les us et coutumes locales, mais il n’en a rien été ! Et puis, je n’ai pas souhaité faire l’intrus non plus, il faut savoir rester humble de temps en temps, et savoir que parfois, on n’intéresse personne !

Je suis rentré tranquille, m’arrêtant devant cette statue sans doute célèbre, avant de tenter un bon somme dans un vrai lit (ça change du matelas de sol !).

Samedi 5 Septembre, Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées Atlantiques, département 64) – JOUR 40

Bon, comme prévu, une nuit pas ouf, mais une nuit quand même !

C’est donc reposé que je suis parti ce matin, encore sous un beau soleil, direction plein Nord, et la France ! Ce magnifique pays que tout le monde essaie de nous piquer !

Cette fois, pas de véloroute ! Aïe aïe aïe… J’avais vu après quelques recherches qu’à Pampelune passait également l’EV3, l’eurovelo qui relie l’Espagne à la Norvège ! J’étais donc confiant ! Mais… Cette partie d’itinéraire n’existait pas encore ! C’est donc tout perdu que j’ai quitté Pampelune, en suivant mon téléphone (je vous laisse imaginer à l’époque sans GPS. Non pas que ce soit difficile, mais on ne passe pas le même temps à trouver son chemin ! D’ailleurs, certains cherchent encore !). Je suis passé rapidos devant les arènes : ça aurait été super de s’arrêter, mais le col de Ronceveaux m’attendait à plusieurs centaines de mètres au-dessus de mon casque… J’ai traversé ce qui s’apparentait au campus universitaire, similaire à d’autres campus que j’ai connus, puis j’ai rejoint une voie verte qui longeait le Rio Arga, la rivière qui se jette dans le rio Aragon, après avoir pris sa source dans le col d’Urquigaia, plus en altitude. Les montagnes grossissaient de plus en plus à mesure que je me dirigeais vers le nord, le long de la N-135, que j’avais rejointe et dont je testais la qualité de l’enrobé, à défaut d’un chemin pour vélos à proprement parler. Et je n’étais pas le seul cycliste sur cette nationale ! Beaucoup d’habitants du coin devaient avoir leur petit rituel, celui de grimper au col de Ronceveaux, ou sur d’autres sommets locaux, du moment que ça grimpait et que ça tirait dans les jambes.
Autant dire que, sur cette montée en pente douce, j’allais à 2 à l’heure à côté d’eux ! Moi chargé comme un dromadaire sur un vélo de cyclotourisme, eux armés seulement d’une gourde et d’un vélo de course taillé pour la vitesse… Mais bon, je m’en fichais royalement de ne pas aller vite, et quelque chose me disait que, vu l’entraînement que j’avais accumulé depuis mon départ, je ne devais pas être trop mauvais non plus avec le matériel adéquat. Ca c’est une ancienne habitude que j’avais développée quand j’étais gamin : celle d’avoir horreur de perdre. Bah oui, à quoi bon ? (Mais c’est passé depuis !)

Après plusieurs kilomètres, j’ai rejoint la petite ville de Zubiri, qui abrite dans ses frontières l’énorme fabrique Magna, productrice d’oxyde de magnésium, nécessaire dans la fabrique de l’acier, et utile pour l’agriculture et l’environnement.
Et là commença la vraie aventure. J’avais le choix : soit continuer sur la route avec les dangers (relatifs) que ça implique, soit essayer un raccourci proposé par Komoot, mais dont j’ignorais tout… Pourquoi j’ai choisi le raccourci ? Aucune idée ! La facilité sans doute (quand tu nous tiens…).

J’ai donc bifurqué sur une petite route perpendiculaire à la nationale, qui grimpait pas mal, et rapidement je me suis retrouvé sur une espèce de décor de début de randonnée de montagne. Ça commençait mal mon affaire, d’autant que, après avoir poussé un peu la rigolade, le chemin n’était plus bétonné, mais seulement terreux. J’ai vérifié une n-ième fois l’itinéraire sur mon téléphone, et comme j’avais l’air de gagner pas mal de kilomètres en poursuivant sur ma lancée, je me suis dit que, au point où j’en étais, il aurait été idiot de revenir en arrière.

C’est là en général qu’il faut se reprendre et se dire : « bon, tu as voulu jouer au plus malin, tu as perdu, fais demi-tour et puis réfléchis au sens du terme « prudence » ». Et non, les amis, ça aurait été trop simple… J’ai poursuivi, et malgré une clôture en barbelés qui barrait le chemin, je l’ai ouverte, et me suis engagé sur un sentier strictement pour VTT, voire même pédestre. Que m’est-il passé par la tête à ce moment-là, c’est une bonne question, dont suit un élément de réponse :

Et, surprise, que m’est-il arrivé : la réponse tout de suite !

Là, j’étais énervé ! Mais carrément ! Contre mon appli, d’avoir osé proposer un itinéraire absolument pas praticable, et contre moi de m’être fait avoir encore une fois (car ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait la connerie !). Fort heureusement, j’ai compris plus tard qu’il fallait que je paramètre le type de vélo « de course » et non pas « gravel », car l’appli considère que le vélo « gravel » peut passer quasi partout où un vtt passe. Ce qui dans l’absolu n’est pas faux, mais pas tout à fait exact non plus… Bref, tout ça pour dire que je ne faisais plus tellement le malin en pleine forêt, j’étais sorti de l’itinéraire (donc mon point GPS m’indiquait en gros… au milieu d’une forêt), en plein chemin forestier minuscule. J’ai croisé 3 VTTistes qui ont dû me prendre pour un drôle d’énergumène. Un sanglier qui avait beaucoup d’humour à se déguiser en cycliste, car quel cycliste irait se promener équipé de grosses sacoches par ici ? Eux descendaient pendant que je galérais à monter (j’avais dû descendre du vélo, vous imaginez bien), et nous avons eu le temps de nous dire seulement une espèce de « holà » avant qu’ils ne déguerpissent. J’aurais presque souhaité qu’ils s’arrêtent pour m’aider, tiens ! Mais non. Alors, tout de même, soyons clair, je n’étais pas terrifié non plus, car au fond on peut toujours revenir sur ses pas (ça commençait à faire des pas de géants là), et un sentier finit bien par arriver quelque part ! Mais, comme souvent, c’est bien l’inconnu qui décide pour vous si vous êtes rassuré ou pas, content, inquiet, ou tout autre état à travers lequel un homme peut passer. Et là, c’était plutôt inquiet, soûlé, dégoulinant de sueur, et pressé de retrouver un peu de bitume bien dur et bien gris, à l’ancienne !

Finalement, j’ai fini par sortir de la forêt pour me retrouver sur le versant d’une montagne, avec une vue magnifique plein sud, derrière moi (cf vidéo). Puis, ayant suivi le sentier (que pouvais-je d’autre ?), j’ai déboulé sur un chemin en cailloux bien tracé (ça m’a rassuré), avant de le suivre toujours au hasard, pour finalement tomber sur un parking, au sommet de ce qui s’apparentait à un col. Victoire !!! J’avais retrouvé la N-135 (il me semble), et une grande descente s’offrait à moi.
Revigoré, je me suis juré de ne plus suivre d’itinéraires douteux, et j’ai filé à toute vitesse à la suite de mon objectif de la matinée, qui était toujours le col de Ronceveaux, entouré de sa légende du chevalier Roland. Et je n’étais pas au bout de mes peines, car l’ascension du col n’avais pas encore commencé, que déjà le temps tournait, il commençait à faire frais (et oui, c’est la montagne ça), et une quinzaine de kilomètres d’ascension me narguaient. Mais bon, comme je ne suis pas du genre à m’effacer devant la difficulté, j’ai mangé des figues séchées pour redonner un peu de sucre à l’organisme, bu un coup d’eau à ma gourde, puis commencé lentement mais sûrement mon deuxième col de mon séjour basque, après celui de la veille (qui n’en était pas un d’ailleurs, simplement un point haut).
C’était long, c’est le moins qu’on puisse dire ! Pas la meilleure montée du voyage dans cette grisaille, mais ça fait partie du voyage, on ne maîtrise pas tout. Un premier col franchi, celui de Mezkiritz à 922 m d’altitude, pour déboucher sur Aurizberri, un bourg touristique, et finalement Roncesvalles quelques kilomètres plus loin.
On se trouvait dans un décor de montagne, c’est le moins qu’on puisse dire ! Difficile à décrire, c’est vraiment une ambiance particulière la montagne. Avec la brume, le frais, et une espèce de silence qui nous entourent.
C’est sûr qu’on avait bien quitté la ville et le soleil du matin même ! Vraiment ça me travaille de me dire que, coup de pédale après coup de pédale, on fait 1 mètre, puis 10, puis 100, puis à la fin de la journée et après plusieurs milliers de tours de roues, on a fait quelque chose de sa journée, quoi !

Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi petit pour quelque chose d’aussi connu ! 2 restaurants, un hôtel, et un monastère (en gros) constituent ce village. Content d’être arrivé, je me suis posé dans un bar, et j’ai commandé un jus de fruits, dont j’ai profité en extérieur, malgré le brouillard. Il y avait beaucoup de monde, des cyclistes et des touristes. Ronceveaux est également un passage fameux pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Pèlerinage que j’adorerais faire à l’occasion ! Pour changer un peu du vélo !

Je ne me suis pas plus attardé que cela, car j’avais encore de la route. J’ai donc enfourché la bête, puis suis monté au col qui culminait quelques dizaines de mètres au-dessus du village.

Et là, le pied intégral de la descente !!! Tout schuss ! Heureusement que j’ai de bons freins, indispensables en descente, surtout quand on porte beaucoup de poids avec soi. Le frein arrière est de mise.

Après de nombreuses boucles (ça va plus vite que la montée hein), j’ai fini par rejoindre le plat, et j’ai poursuivi sur la route, me rapprochant de la France. J’ai croisé des cyclistes avec sacoches qui commençaient la montée, bon courage à eux (ils n’ont pas fini les pauvres héhéhé). A chaque fois ça me fait le coup, autant la montée est difficile, on en bave, on n’avance pas, mais quand il s’agit de descendre, il est incroyable de voir tous les kilomètres qu’on a réussi tout de même à monter ! Même si c’est sur l’autre versant de la montagne, sur une route que l’on n’a pas encore parcourue. En randonnée pédestre ça me le fait régulièrement ce sentiment, ça doit être un truc connu des habitués.

Enfin bref, j’ai traversé quelques villages, avant de rejoindre la fameuse EV3, et après quelques kilomètres supplémentaires, le fameux village de Saint-Jean-Pied-de-Port ! Dont le nom vient du col de Ronceveaux (« port » en latin signifiant « col », ça donnu Saint-Jean-au-pied-du-Col). Un de nos plus beaux villages de France il faut croire.

Content d’avoir atteint cette étape, j’ai décidé de manger un peu. J’ai bien fait, car il était 15 heures passées, et les restaurants allaient commencer à fermer le service du midi. Comme il y a énormément de touristes, ils restent ouverts tard les petits malins. Et oui au fait, vous l’aurez compris, je n’ai rien avalé ce matin en partant ! Il faut dire que j’avais fait des réserves la veille au soir hi hi. J’ai grignoté quelques fruits secs sur la route, pour avoir un peu de sucre, mais c’était tout. Et je n’ai nullement senti une quelconque fatigue, n’en déplaise aux nutritionnistes habitués aux 3 repas par jour (discours que j’avais encore quelques semaines après mon départ) ! Faire du sport le ventre vide, voilà une chose agréable ! C’est peut-être pas recommandé à tout le monde, moi je n’impose rien à personne, si ce n’est de faire soi et de découvrir plutôt que de faire ce qu’on nous dit tout le temps, comme si chaque humain était identique… Enfin bon, j’ai donc profité d’un gros burger qui est bien passé par là où ça passe, puis je suis parti à la recherche du camping municipal que j’avais trouvé en cherchant sur internet. Et, comme souvent, je n’ai pas été déçu d’arriver assez tôt, car ça s’est rempli très vite ! Tellement vite qu’après m’être installé (sans payer car l’accueil ouvrait plus tard) et avoir fait un tour en ville, un gros van était garé sur mon emplacement, peinard, sans que j’en aie été informé. Comme je suis sympa, je n’ai rien dit, car après tout si le véhicule rentrait sans me rouler dessus, il n’y avait aucune raison que je fasse le borné idiot attaché à son espace (surtout que je passais tout de même l’essentiel de mes journées entouré de nature). J’ai donc dit à la dame qui conduisait qu’elle pouvait rester, et j’ai payé mon emplacement. J’ai ensuite discuté avec mon voisin d’emplacement, qui lui faisait une partie de la traversée des Pyrénées à pied. On a discuté pratique, poids du sac, quel vélo tu utilises quand tu fais du cyclotourisme, tu fais quoi dans la vie, ah tu fais toi-même ta nourriture lyophilisée c’est super, etc etc.

Ensuite, après la douche, je suis monté au sommet de la citadelle pour voir si par hasard j’y étais. Il se trouve que j’y étais, alors que quelques minutes seulement auparavant, je n’y étais pas ! Vous vous rendez compte ?

Après avoir fait le tour de la citadelle, je suis rentré au camping pour chiller un peu. Et me reposer. Car une journée en montagne avec un bon col, ça calme !
J’avais vu le principal du village. Il faut dire que c’est minuscule ! C’est souvent comme ça. Un petit village, rassemblant du beau, du bien conservé, le tout pour un maximum d’affluence !

Le soir j’ai à nouveau discuté avec mon copain de camping, puis il était temps de dormir !

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