L’arrivée sur l’Atlantique, par Nantes

Mercredi 19 août 2020, Nantes (Loire-Atlantique, département 44) – JOUR 29

PLOC, PLOC, PLOC. C’est ce qui m’a réveillé ! Vous l’aurez compris, il a plu cette nuit, ça m’a réveillé ! Effectivement, une toile de tente est fort peu isolante niveau acoustique. Ce fut donc une nuit très moyenne…
En plus de cela, il faut avouer que c’est quand même moins sympa de remballer le matériel quand celui-ci est tout mouillé (notamment la tente). C’est plus lourd, et quand on le ressort, ça pu ! Encore que, quand il y a du soleil le matin, en plein été, ça peut sécher vite ! Mais quand il commence à pleuvoir vers 5h00, et que ça continue après le réveil, on n’a pas bien le choix !
Maintenant que j’essaie de ne pas manger le matin, je n’ai plus à m’embêter à trouver un endroit sec pour prendre le petit déjeuner : seul le réchaud pour le café suffit, et par terre c’est faisable !
J’ai regardé la météo avant de partir, et comme prévu ça risquait de ne pas être folichon pour la journée à venir… Avec la mauvaise nuit passée, ça ne s’annonçait pas terrible !
Mais ça fait partie du voyage !

Départ de Redon donc, pour rejoindre l’Eurovelo 1, la Vélodyssée, qui part de Roscoff (Finistère) et qui descend jusqu’à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), sur 1 200 km, essentiellement le long l’Atlantique (en ce qui concerne la partie française de l’itinéraire européen).
C’est au centre-ville de Redon que j’ai pu rejoindre le canal de Nantes à Brest, que j’allais longer pour les 2/3 de la journée environ.
Et, les amis, heureusement que j’ai un vélo qui est capable de rouler sur du revêtement un peu grossier, car c’était la cata aujourd’hui ! La cata, la cata, la cata ??? La catastrophe, merci !
Déjà parce qu’on roule sur une espèce de chemin en gros graviers pourris (les chemins de halage n’ont pas été plus réaménagés que ça pour les vélos, sur cette partie de route), et ensuite parce qu’avec la pluie, on s’enfonce facilement dans la boue et toute la crasse vient se nicher dans les disques des freins, et entre les pignons (et partout ailleurs) ! On comprend l’intérêt des garde-boues !
Malheureusement, je n’ai pas pris l’option essuie-glaces quand j’ai acheté mes lunettes…

Enfin bon, je reconnais que, d’un autre côté, le chemin conserve son aspect naturel, et malgré sa faible qualité de roulement, par beau temps ça pourrait être très sympa !
Vélos de route s’abstenir par contre ! Franchement, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de rouler le long du canal avec des pneus si fins. Certains l’ont sans doute fait, mais bien prendre ses précautions avant de s’engager ! Parce que les stands de réparation le long du canal ne sont pas légion ! C’est vraiment un chemin de VTT !
D’ailleurs, je me demande si c’est bien sérieux ça, il s’agit quand même d’un itinéraire officiel emprunté par des milliers de cyclotouristes tous les ans…

Ce fut donc une matinée humide sans rien de bien spécial, si ce n’est de l’eau, du froid, de la crasse, du canal, des arbres autour. Et encore du vent ! Le vent, dont j’ai décidemment bien du mal à établir les directions privilégiées (si elles existent), car mon trajet de la journée était orienté à environ 90° par rapport à celui d’hier, lorsque j’allais direction Redon depuis Rennes, et pourtant j’ai eu à nouveau le vent dans la tronche ce matin… C’est peut-être l’effet goulot des cours d’eau bordés d’arbres de manière générale ? Mais bon, comme je disais dans l’article précédent, on se fait à tout avec l’habitude, y compris au vent !

J’ai fait une pause déjeuner à Blain, le moral pas très haut, plutôt dans mes chaussettes désormais trempées, malgré des sur-chaussures qui n’ont rien pu faire.

Ça va, la forme ?

Bilan de la matinée : 3 heures de vélo, seulement 45 kilomètres ! Et une certaine fatigue, dès le deuxième jour après les 15 jours de pause ! Arghhh !
J’étais à 60 km de Nantes, depuis Blain, c’était beaucoup, quand on prend en compte ces mauvaises conditions météo et de terrain. En général, j’essaie de rouler 3 heures le matin, et 2 heures après manger, hors pauses. Ce qui correspond en général à des journées de 8 heures avec les différents arrêts.
Mais là, ça risquait d’être long l’après-midi ! Mais, après tout, avais-je bien le choix ? Autant forcer et profiter ensuite ! Par ailleurs, comme je dis souvent pour me convaincre que tout va bien : une route pourrie est certes pourrie, mais c’est toujours mieux que pas de route !

Sur cet élan d’optimiste, après le repas, j’ai enfourché la bécane, et suis reparti sous la grisaille.
L’après-midi fut assez morne. J’ai tout de même croisé un certain nombre de cyclotouristes, dont une famille au complet, tous équipés avec leurs sacoches, y compris les enfants ! Ça doit être sympa de voyager en itinérance dès le plus jeune âge, pour créer de solides bases physiques et psychiques, car après tout, c’est la base de se déplacer avec ses propres moyens, sans faire appel aux moteurs de toutes sortes. Et plus on commence jeune, plus on se crée un fond durable, qui servira toute la vie ! C’est pour cela que, quand je vois des jeunes fainéants sur des trottinettes ou vélos électriques, qui choisissent de toute évidence la solution de facilité, ça me met hors de moi !

Un peu avant Nord-sur-Erdre, le canal bifurque plein sud, sur quelques kilomètres, avant de rejoindre l’Erdre, rivière qui prend sa source au nord d’Angers, et qui se jette dans la Loire, à Nantes.
Puis, au niveau de La Morinière, on quitte (enfin !) le canal de Brest à Nantes, pour enchaîner avec des petits villages, et la campagne. Ça a cassé un peu la routine !
Arrivé dans la zone commerciale nantaise, immense, j’ai décidé de nettoyer mon vélo avant de rejoindre l’hôtel, situé en plein centre-ville, que j’ai réservé un peu plus tôt dans l’après-midi.
Il ne me restait qu’1 litre d’eau dans ma gourde, et j’ai nettoyé mon vélo au mieux. Comme ce n’était pas suffisant, tellement tout était sale, y compris les sacoches, j’ai trouvé un garage auto qui a bien voulu me remplir les gourdes, et j’ai réussi à enlever la majeure partie de la saleté. Je ne m’imaginais quand même pas arriver à l’hôtel et tout salir, un peu de tenue !
Cependant j’aurais eu également besoin de passer un bon coup sur la chaîne et le dérailleur, mais je n’avais pas envie de le faire en cette fin de journée grise et humide…


Content d’être arrivé enfin à Nantes, c’était vraiment une mauvaise journée ! En entrant dans la ville je me suis arrêté dans une boulangerie manger une pâtisserie, j’avais grand faim ! En allant à l’hôtel, je suis passé devant la Cathédrale qu’on a malheureusement incendiée. Quelle honte de commettre de telles choses !

L’hôtel a l’air calme, il est situé tout près du Château de Nantes (musée d’Histoire de Nantes depuis 2007). Pratique pour visiter la ville (mais c’est pour cela que je l’ai choisi en même temps) ! Je n’aurai pas à m’embêter dans les transports en commun !
Ayant monté non sans difficulté l’ensemble de me bagages (en une seule fois) dans ma chambre, j’ai pu enfin prendre une bonne douche, et changer de vêtements.
Par contre, dans l’immédiat je ne peux rien faire pour l’odeur de mes chaussures encore mouillées… Pourries, les pompes ! Heureusement que demain ils annoncent du soleil ! Parce qu’elles ne vont pas sécher de sitôt sinon !
Je vais rester une nuit supplémentaire ici, comme souvent dans une grande ville j’aime bien visiter un peu !

Séjour à Nantes :

Une ville bien sympa, Nantes. 315 000 âmes. 6ème ville de France en nombre d’habitants.
Beaucoup de choses à voir, beaucoup d’Histoire, dont suit un rapide résumé.

Beaucoup d’Histoire donc, notamment avec la Bretagne, dont elle partagea avec Rennes la gouvernance, avant que celle-ci (la Bretagne) ne fasse partie du Royaume de France suite au traité de 1532, mais en gardant toutefois ses privilèges fiscaux et règlementaires. Rennes et Nantes se partagent alors le pouvoir politique et économique de la région.
Les guerres de religion mirent fin à la prospérité économique bretonne, qui résultait de l’union avec le Royaume, et c’est à Nantes que fut signé le fameux édit qui porte son nom, en 1598, accordant après des années de guerre une certaine liberté de culte, droits civils et politiques aux protestants dans certaines parties du Royaume (avant qu’il ne soit finalement révoqué par l’édit de Fontainebleau de 1685).

Nantes connut un gros développement avec le commerce triangulaire, devenant ainsi le premier port français au début du 18ème siècle, avant d’être dépassé par celui de Bordeaux (qui prospéra pour les mêmes raisons). Comme souvent, de nombreux aménagements urbains – comme le quartier Graslin – ont eu lieu à cette époque, impulsés par les riches commerçants, industriels et armateurs. Epoque florissante pour certains, mais au détriment des autres.
Durant la Révolution Industrielle, avec l’arrivée du chemin de fer, l’abolition de l’esclavage, l’invention de la fabrication du sucre avec la betterave, Nantes se reconvertit dans la conserverie (Saupiquet), la biscuiterie (la Biscuiterie Nantaise, alias BN, et Lefèvre-Utile, alias LU), la métallurgie et la construction navale (source). Nantes est alors la première ville française, en 1879, à se munir d’un tramway, grâce aux motrices à air comprimé.
Après la Seconde Guerre Mondiale (Nantes a pris cher en termes de bombardements), la construction navale est moteur de la reconstruction économique de la ville. Mais, dans les années 60 et 70, des crises touchent l’industrie nantaise, et celle-ci décline jusqu’à la fermeture des emblématiques Chantiers Dubigeon (dont subsiste encore le bâtiment) en 1987, et la relocalisation des usines LU à l’extérieur de la ville.


J’ai beaucoup marché durant ce court séjour, comme à mon habitude. C’est donc seulement l’hypercentre que j’aurais visité, et encore ! J’ai quand même vu une partie de l’essentiel, à savoir le Château des Ducs de Bretagne, la tour LU, le Passage Pommeraye, l’île aux Machines (avec le gros éléphant mécanique qui se promène pour la plus grande joie des enfants), une partie des quais, la tour Bretagne, actuellement fermée et qui a une histoire bien mouvementée.
J’ai trouvé l’ambiance est très sympa ! Nantes donne l’impression (justifiée) d’une ville jeune et dynamique !

La Loire
Fontaine de la Place Royale

J’ai mangé essentiellement autour du château, car mon hôtel était situé tout proche. Quel plaisir de manger des plats élaborés plutôt que des casse-croûtes ho ho ho !
J’avais eu l’occasion lors de mon premier passage à Nantes l’année passée, de boire un coup dans un bar situé sur un quai, avec une super vue sur la Loire. J’ai profité à nouveau de ce bar, j’étais bien content ! J’aime les grands espaces devant moi !

Une petite mousse ?

En me promenant, j’ai eu droit aussi à une fanfare, c’était rigolo !
Pour mon dernier dîner du séjour, j’ai réussi à me faire avoir dans une pizzeria « française » : on m’a servi une pizza, certes pas mauvaise, mais vraiment fine… Tu parles d’un repas ! Comme ça m’a soûlé (car je déteste me faire avoir), je suis allé me faire un burger frites, agrémenté de 2 pintes… C’est pas tellement malin, car ça casse mon régime basé sur le jeûne, hein ?! D’autant que la pizza aurait suffi, en réalité…
Enfin bon, est-ce que la vie serait aussi bien si on ne faisait jamais de bêtises ?

Vendredi 21 août 2020, Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique, département 44) – JOUR 30

Départ vers 9h00 ce matin, sous un beau soleil, après avoir passé un coup de gel hydroalcoolique sur mes semelles de chaussures, pour tuer les vermines de bactéries qui s’étaient accumulées !
Je ne devais pas être très réveillé, car j’ai réussi à prendre la mauvaise direction quand je suis arrivé au niveau de la Loire… Mais seulement sur une centaine de mètres (c’est le soleil qui m’a fait réaliser l’erreur).
Je me suis arrêté, comme prévu, pour nettoyer ma chaîne, et remettre un coup de lubrifiant après l’épisode terreux de l’avant-veille. Une fois la chose faite, je n’ai plus eu qu’à suivre la piste cyclable, direction l’ouest, et l’Océan !

Il m’a fallu un certain temps pour quitter la ville, très étendue, notamment avec le port, qui prolonge l’aspect urbain du décor. Et, comme souvent le long d’un fleuve, il y avait des rafales de vent, à faire s’envoler les toits !


Heureusement, dès que la route passait à travers des lotissements, le vent était atténué. Ce matin, plusieurs choix se sont offerts à moi pour rejoindre la côte : soit par la rive droite, soit par la rive gauche. J’ai quitté la ville en longeant la rive droite, mais j’ai préféré prendre un bateau pour rejoindre l’autre rive, car l’itinéraire me semblait plus sympa, à l’instinct…

Pratique, tout de même !

C’était cool, l’itinéraire était varié, ça alternait pas mal entre petits chemins dans la forêt, routes dans les champs, le long de l’eau. Sur les 62 km qui séparent Nantes de l’Océan, l’Eurovelo 1 (le Vélodyssée) et l’Eurovelo 6 (la Loire à Vélo) se superposent. Autant vous dire que j’en ai croisé des cyclotouristes ! Beaucoup étaient lourdement équipés, ils faisaient comme moi… Sauf que j’allais plus vite qu’eux MOUHAHAHAHA !

Le midi j’ai fait halte au Quai Vert, un espace de loisirs situé le long du canal maritime de Basse-Loire (appelé aussi canal de la Martinière). Tranquille, de bonne humeur, j’étais bien.
Je suis reparti en début d’après-midi, sous un soleil de plomb, pour enchaîner les quelques kilomètres qui me séparaient de Paimboeuf. On voyait déjà les immenses zones industrielles, sur l’autre rive, qui me donnaient l’impression de décors de science-fiction, telles des cités d’une autre planète. Vraiment immenses !

Je m’en voudrais de boire la tasse dans les environs !

Et, un peu plus loin, le fameux Pont de Saint-Nazaire !

Je le voyais un peu comme un mirage, entre le vent dans les yeux et le soleil à son zénith, qui fait chauffer la surface du sol ou de l’eau, de telle manière que la lumière s’en trouve déviée par rapport à sa trajectoire dans l’air à température ambiante. Mais il m’avait tout l’air de bien porter son titre de plus long pont de France (en longueur, le troisième en portée) ! Quand je me suis arrêté pour l’observer, peu après Paimboeuf, il m’avait l’air d’être situé à environ 10 km de l’endroit où je me situais. « Ouais, 10 km, un peu moins de ¾ d’heure à mon avis » je me suis dit. Mais en fait, c’était plus que ça, car il y a eu la partie terrible – très sympa pour se promener, soit dit en passant – le long de l’espèce de marais qui borde l’estuaire de la Loire, où il fallait vraiment prendre sur soi, tellement le vent poussait quiconque souhaitait se rapprocher de la côte. Sérieusement, je devais rouler à 10 km/h, et encore ! Heureusement que c’était seulement sur quelques kilomètres ! J’ai dépassé un binôme de cyclistes qui devaient hurler pour s’entendre ha ha ha.
J’ai fait une pause dans une espèce de cabane d’observation, pour regarder au loin les nombreux silos, grues, entrepôts qui s’étalaient sur plusieurs kilomètres le long de l’estuaire de la Loire. Quelle logistique !

« Il fait grand beau aujourd’hui !
– Ah bon ? »

Arrivé devant le pont, j’ai vu un panneau qui indiquait que des navettes faisaient la traversée gratuitement pour les cyclotouristes, car elle est dangereuse. C’est également ce que j’avais lu sur Internet la veille, pour m’assurer que le pont était cyclable.
Bon, comme je suis un peu aventurier, il était hors de question que je traverse le pont en navette ! Large d’environ 1,25 mètre, sur la partie droite de la chaussée, la bande cyclable semble minuscule… C’est pas la joie… Mais c’est mieux que rien !
Inauguré en 1975, après 3 ans de construction par (l’ogre) Vinci (à l’époque Société Générale d’Entreprises) et Eiffage (à l’époque Compagnie Française d’Entreprises Métalliques), le pont fait une longueur totale de 3 356 m, et relie Saint-Brevin-les-Pins et Saint-Nazaire, par-dessus l’estuaire de la Loire. D’une portée principale de 404 mètres, cela en fait le troisième plus long pont de France, en portée (plus d’infos ici).

Le v’là le morceau !

Je me suis donc lancé dans la traversée du plus long pont de France !
Entre les voitures et poids-lourds, mais surtout avec la vraie tempête de vent qui se déchaine au fur et à mesure que l’on monte, on comprend pourquoi la traversée est déconseillée à vélo ! Notamment quand on est chargé en bagages, et qu’il faut être solide des bras pour maîtriser son 2-roues ! Au point que, à la mi-traversée (et donc sur le point le plus haut de l’ouvrage, soit 68 mètres au-dessus de l’eau), je n’ai même pas pu jeter un coup d’œil à la magnifique vue qui s’offrait à moi, en particulier sur les chantiers navals très réputés, en contrebas. C’est fort dommage ! Mais, comme on dit, la sécurité avant tout !
J’ai redoublé d’attention pendant la descente, essayant d’anticiper les mouvements d’air, tellement violents, créés par le vent et le passage non régulier des poids-lourds. Enfin arrivé de l’autre côté de pont, j’ai soufflé 5 minutes en observant l’immense route en forme de S, supportée par de nombreuses piles sur les extrémités, et des haubans pour la partie centrale. Ah, j’étais content de l’avoir fait !

J’ai fini par rejoindre Saint-Nazaire, la ville portuaire où sont fabriqués de nombreux ferrys qui sillonnent les mers. Je n’ai rien vu de spécial en ville (mais je n’ai rien cherché non plus), car je me suis dirigé assez vite vers le port !
C’est singulier un port je trouve : les bâtiments sont souvent immenses, quand on pense que la route va s’arrêter, en fait une autre prend le relais et amène le curieux toujours plus loin, l’odeur est particulière… On aime ou on n’aime pas !

Je suis donc passé devant 2 ferrys en construction… Une sacrée prouesse encore ce genre de navires. Ce sont carrément des villes flottantes ! Je n’ai jamais fait de croisière personnellement (seulement relié la Corse à la France). On peut sans doute apprécier une semaine sur la mer, après je ne vois pas l’intérêt de passer plusieurs mois à faire un tour du monde par exemple, all inclusive, avec le confort de chez soi sur un espace relativement étroit, serré comme des sardines avec les autres… Mais si on me l’offre, peut-être que j’irai hé hé hé.

Le Wonder of the Seas (en construction), futur plus grand paquebot de croisière au monde
Le Celebrity Apex, tout récemment achevé (à priori immobilisé pour cause de Covid), qui quitta le port seulement 2 jours après ma venue ici (mais je ne le savais pas sur le coup)

Les Chantiers de l’Atlantique sont le dernier grand chantier naval français (hors bateaux de luxe), depuis la fermeture en 1987 du chantier naval de la Ciotat (Bouchs-du-Rhône). C’est eux qui ont construit notamment le Normandie, le Queen Mary 2, ou le géant pétrolier Batillus.
Cette entreprise a connu de nombreuses reprises ces 15 dernières années : Alstom, le norvégien Aker Yards, le sud-coréen STX, puis l’Etat français à 84% suite à la faillite de ce dernier (12% sont également détenus par le français Naval Group). L’italien Fincantieri souhaitait également s’emparer de ce fleuron, mais finalement, après de nombreux pourparlers avec le gouvernement français, la Commission européenne, les italiens, et les principaux intéressés, l’opération a échoué fin janvier 2021. Affaire à suivre… Comme c’est un secteur à forts enjeux (emplois, technique, un peu de construction militaire), il vaudrait mieux que le savoir-faire accumulé pendant des siècles restent chez nous, n’est-ce pas ? On est en droit de se poser la question, quand on voit ce qui est arrivé à Technip ou Alstom ces dernières années. On peut se demander ce que fait un gouvernement censé défendre les intérêts de son pays, quand il fait l’inverse. Mais c’est un autre sujet.
Actuellement, les chantiers de l’Atlantique ont un carnet de commandes bien rempli (jusqu’en 2027), notamment grâce à l’armateur italo-suisse MSC qui a acheté début 2020 2 paquebots qui fonctionneront au gaz naturel.

En me promenant dans le port, j’ai fini par arriver au centre touristique du coin, qui propose notamment la visite du sous-marin français l’Espadon (premier sous-marin français à avoir plongé sous la banquise), de l’Eco-musée qui relate l’histoire de Saint-Nazaire, et du centre éolien EOL notamment.

Je trouve que le rouge de mes sacoches va bien avec celui du décor hé hé hé

Comme je disposais d’un peu de temps (pour une fois !), mais que la visite du sous-marin était complète,  je me suis rabattu sur le centre éolien. J’ai garé mon vélo à l’entrée du musée, et, non sans efforts, j’ai mis toutes mes sacoches dans les casiers mis à disposition pour les touristes (qui habituellement en utilisent 1 seul par personne/couple, quand j’en monopolise 3 d’un coup hi hi hi). J’ai dû garder ma guitare sur le dos, car elle ne rentrait pas dans les casiers, comme vous vous en doutez.
On voit que le délire sur les éoliennes continue. Pas un mot de négatif pour ces saletés d’éoliennes. Non non, c’est magnifique, tout va bien, construisons-en encore des milliers ! Nous sommes en retard par rapport à l’Allemagne, il faut donc les rattraper ! N’importe quoi, vraiment ! C’est terrible de constater, impuissant, au rouleau compresseur qui fait des ravages. Mais bon, garder espoir, et surtout, faire le travail d’éveil des consciences, par exemple en visionnant et partageant ce super documentaire !

Après la visite, j’ai regardé pour prendre les fameuses navettes qui traversent le pont, et une partait seulement quelques minutes après que j’ai regardé les horaires sur Internet. J’aurais pu faire la traversée retour en vélo, mais c’étaient beaucoup de contraintes et risques inutiles, étant donné que je l’avais déjà faite à l’aller.
Je me suis donc dépêché de charger mon vélo, et j’ai tracé jusqu’à l’endroit du départ de la navette indiqué. Ça s’est joué à une minute près ! J’étais le seul client ! Le chauffeur était un jeune, qui devait faire un job d’été. On a chargé le vélo avec bagages dans la remorque prévue à cet effet, et on est parti ! Le jeune m’a annoncé que, ce jour-là, c’était bien la tempête par rapport à d’habitude… Tu m’étonnes, j’avais failli m’envoler sur le pont, sérieux !
Après la rapide traversée (ah ça va plus vite en camionnette qu’en vélo !), il m’a déposé à Saint-Brevin-les-Pins, avant d’embarquer à nouveau des touristes pour sa énième traversée quotidienne (d’ailleurs, il y avait trop de monde par rapport à la capacité du véhicule, c’est ballot !).

Je me suis mis à chercher le camping que j’avais repéré plus tôt dans l’après-midi, que j’ai rejoint rapidement car il était situé tout près du point de chute de la navette.

« Bonjour Madame, vous reste-t-il une place pour un cycliste en tente ?
– Bonjour Monsieur. Souhaitez-vous partager un emplacement spécial vélo pour réduire les coûts ?
– Avec plaisir. Je vais demander aux cyclistes concernés, je reviens vous donner leur réponse. »

Une fois la chose faite, j’ai monté la tente à côté de celle d’un couple d’allemands qui ont accepté que l’on partage l’emplacement. En général, on s’entend bien entre cyclotouristes hé hé.
J’ai pris la douche, et je suis allé dans le centre-ville, pour voir si j’y étais. J’ai trouvé un petit bar sympa, bu 2 bières, et suis ensuite allé au bord de l’eau, humer les embruns de l’Océan. On apercevait au loin les énormes navires en construction. La vue sur l’Océan était magnifique, avec le soleil couchant sur les vagues. Ça s’annonce bien pour la suite du voyage !

Ah faut pas s’aventurer trop près !

Le soir, j’ai dîné avec un trentenaire et le couple d’allemands que j’avais salué plus tôt, très sympas, qui parlaient français. Eux terminaient l’EV6, un itinéraire de 900 km très prisé des cyclotouristes. Il ne fait pas partie de mon tour de France, mais je me le réserve pour une prochaine fois ! En effet, les châteaux de la Loire à vélo, ça doit vaLoire le coup !

Océan Atlantique, me voilà !

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