Paris-Lille : entre vent et mémoire

Mercredi 15 juillet, Paris (département 75, région Ile-de-France) – JOUR 15

Et oui, me voilà déjà à Paris, plus tôt que prévu !
Grosse mésaventure cette nuit à Givet ! J’ai mon matelas de sol, censé être un bon matelas, qui s’est chopé une hernie ! D’un seul coup d’un seul, comme ça, sans aucune raison apparente ! Autant vous dire que j’ai rien dormi de la nuit, c’est pas terrible ça ! Surtout quand on fait en moyenne 100 bornes par jour avec ses bagages… Ça m’a réveillé en pleine nuit cette affaire, j’entendais un bruit permanent, tellement pas naturel (très difficile à décrire par écrit d’ailleurs…) ! Et puis je sentais que le matelas n’était pas au top de sa forme (tu aimes les jeux de mots j’espère). J’ai allumé la lumière, « la tête dans le cul » comme on se sent souvent, réveillé à 2h00 du mat’, pour constater une grosse bosse au niveau des genoux. Grosse désillusion ! Je me suis dit que j’attendrais le moment de me lever, pour constater l’étendue des dégâts et voir ce que je pourrais faire.
Le matin, à la lumière du jour, le verdict était tombé : clairement, rien à faire dans ses cas-là, autant jeter le matelas. Par contre, j’étais vénère quand même, on m’aurait menti sur la qualité ! Un matelas que j’ai acheté de mémoire 120 €, je m’attendais à ce qu’il dure plus que 10 nuits (à peine !).

Gloups !

J’ai appelé l’assurance, qui évidemment me dit qu’au mieux, dans minimum 1 mois, je pourrai récupérer un bon d’achat pour échanger l’ancien contre un nouveau… T’as beau leur expliquer que c’est impossible, car un nouveau matelas, c’est le soir même que je vais en avoir besoin, que je ne peux pas coucher 1 mois à l’hôtel, ni en acheter un autre en attendant, pour en fait en avoir 2 dès lors que j’aurais échangé l’ancien. Bien sûr, « c’est comme ça monsieur, on ne peut rien y faire, envoyez-moi les éléments à telle adresse, bla bla bla ». Comme je ne voulais pas en rester là, j’ai appelé directement le Vieux Campeur à Lyon, là où j’ai acheté la quasi-totalité du matos, et je leur ai expliqué le problème. Heureusement, je suis tombé sur une dégourdie, et j’ai réussi à la convaincre d’arranger un échange dans la journée, dans le magasin « Au vieux Campeur » le plus proche, c’est-à-dire celui de Paris (voilà pourquoi je suis déjà à Paris…).
Je me suis donc rendu à la gare de Givet, accompagné de mon vélo, mes sacoches et ma guitare, pour m’apercevoir que la gare était en travaux, et qu’il n’y avait pas de train ! Décidemment !

Il n’y a pas un chat à Givet ! Ici, à la gare.

J’ai donc pris un bus depuis Givet, direction Charleville-Mézières.
Comme je n’avais plus l’habitude des transports motorisés, j’avais la sensation de nausée, très désagréable (et sans doute due aussi à la conduite, disons approximative, du chauffeur).

Ensuite, j’ai pris le TER jusqu’à Reims, où j’ai changé pour prendre un autre TER jusqu’à Epernay, où j’ai enfin pu prendre un direct jusqu’à Paris, Gare de l’Est.
C’était la première fois que je prenais le train avec un vélo, de mémoire. Et un vélo chargé comme une mule ! Heureusement qu’il n’y avait pas trop de cyclistes dans le wagon, car je prenais toute la place hé hé. Un bœuf dans le wagon ne prenait pas autant de place, dis !

Une fois arrivé à Paname, j’ai tenté de rejoindre le Vieux Campeur, avant que ça ne ferme, car il commençait à se faire tard ! Vous auriez vu la rigolade le vélo à Paris, quand tu es habitué aux véloroutes ! La jungle, ni plus ni moins ! Mais j’adore cette impression d’infini des possibles que je trouve dans cette ville à chaque fois que j’y vais, que ce soit par le nombre de rues ou le nombres de personnes qui nous entourent en permanence !

Comme il fallait s’y attendre quand ce n’est pas votre jour, arrivé au Vieux Campeur de Paris, on m’annonce que le matelas qui avait été mis de côté pour moi… n’est pas à la bonne taille ! Ce qui m’exaspère un peu, car j’avais bien précisé que c’était un grand, taille L, qu’on m’avait dit « oui oui, c’est ok ! ». Enfin bon, comme j’ai rien dormi de la nuit, je suis « à fleur de peau », d’un rien on en fait une montagne, et j’ai quitté plutôt calme le magasin, en ayant la promesse qu’ils feraient tout leur possible pour en faire venir un au plus vite, qu’ils étaient désolés, mais que malheureusement ils ne pouvaient rien faire pour les frais que le séjour à Paris allait me coûter. Heureusement je peux profiter de l’hospitalité de quelques amis que j’ai ici, ça me permet de les voir et faire une petite coupure dans mon voyage.
C’est un de ces bazars de faire halte dans un immeuble par contre, quand on a autant de bagages, ça met des plombes à décharger, recharger, à monter et descendre l’ensemble. Au moins on fait travailler le haut du corps, en plus du bas !

Ahhhh, Paris ! Ça m’émeut beaucoup de me trouver dans cette ville, à chaque fois c’est pareil, écris-je en ayant ma petite larme à l’œil ! Voyez-vous, je ne suis pas parisien. Je ne connais que peu cette ville. Mais, comme la plupart des français, j’en ai beaucoup entendu parler, au travers des journaux, des discussions entre amis et autre, et je suis toujours sensible à quelques curiosités uniquement parisiennes. C’est quand même la capitale !
De prendre le métro parisien par exemple, je trouve ça cool ! Car tous les noms de stations me parlent, ça m’évoque toujours un truc !
Enfin bon, que ce soit Montmartre, la Tour Eiffel, la Seine, les grands boulevards, etc, je pense toujours au Paris de Balzac, au Paris capitale, Paris plus belle ville du monde, Paris centre intellectuel et artistique, Paris ville des Amoureux, de la circulation alambiquée, et cetera et cetera. Vous voyez le genre. J’en profite, en tant que touriste, car je sais que l’on peut vite changer de point de vue quand on y habite et/ou travaille !
Je vais donc rester profiter un max !

L’Arche de la Défense
Un tag sur un mur (hé hé)
Le Sacré-Cœur, le jour tombant
La place du Tertre, comme on l’aime
Mon super vélo, et derrière la cathédrale Notre-Dame, qui apparemment a pris feu à cause d’un mégot de cigarette ou d’un court circuit (ceux qui ont déjà fait des feux de cheminée auront des doutes quant à la véracité de ce récit !)
Tour Eiffel bien sûr !
Paris de nuit, ça marche aussi !

Lundi 20 juillet, Bresles (Oise, département 60) – JOUR 16

Parti de Paris ce matin, où je suis resté plus longtemps que prévu… C’est quand même super sympa comme ville, en tout cas pour visiter. J’étais quand même content de partir ce matin, au bout d’un moment je ne me sens guère à ma place dans ce milieu très en pointe sur les différentes innovations sociétales, aussi bien dans la mode que dans les mœurs… Je crois comprendre qu’avec la Hidalgo, c’est géré de façon catastrophique. Et c’est bien dommage.

J’ai réussi à me trouver un hôtel sympa et pas trop cher, à une vingtaine de minutes à pieds du Sacré Cœur, et j’ai fait pas mal de restos. C’est tellement sympa l’ambiance de certains quartiers en plein été ! J’ai visité la cité de la Science et de l’Industrie, dans le quartier de la Villette, et je voulais en profiter pour voir la Philharmonie et la Cité de la Musique (j’adore le classique), mais c’était fermé ! Pour des raisons qui m’échappent vraiment, car tous les transports en commun fonctionnent pourtant… Trop déçu !
J’ai pas mal roulé à vélo dans la ville aussi, ça change du tro-mé et de la marche. C’est fou comme on change d’ambiance entre les Ardennes, et la fourmilière parisienne ! Il y a une telle diversité dans toutes ces grandes villes !
Par contre, j’ai trouvé qu’il y avait bien peu de monde par rapport aux autres étés où j’ai mis les pieds à Paris (et cela m’a été confirmé par des locaux), et c’était pas plus mal. Pas besoin de faire la queue pour visiter !

Bref, je suis parti ce matin de Paris donc, j’ai mis la matinée à quitter la banlieue (immense !), et j’ai mangé à côté de Cergy-Pontoise. Je suis passé par Enghien-les-Bains, je n’aurais jamais cru qu’il y ait une telle ville à proximité de Paris ! Pour moi, les parisiens allaient simplement en Normandie quand il s’agissait de prendre un bain !

Prêt à faire la course ?

Mon objectif, d’ici 2 jours, c’est la ville de Lille, dont on m’a dit le plus grand bien. Je vais faire étape à Amiens demain, chez une copine, et me rapprocher le plus possible de Lille le jour suivant.

Après la sieste, j’ai donc longé l’Oise, direction le Nord, sur une dizaine de kilomètres. J’étais à un moment sur la véloroute Paris-London, mais pas pour longtemps… Ce doit être stylé de faire Paris-Londres à vélo, mais ce sera pour une prochaine fois !
Alors, entre l’Isle-Adam et Bresles, c’est la cata ! Une fois encore, je me suis fait avoir par Komoot, qui m’a envoyé sur une 2 fois 2 voies à 90 km/h…
D’ailleurs, en entrant sur la cette double voie, après un rond-point, je suis passé devant des gendarmes, qui m’ont regardé d’une drôle de façon (en même temps, vu mon look !). Comme la route n’était pas contre-indiquée pour les vélos (il n’y avait pas le panneau d’interdiction caractéristique), et que ça me semblait « roulable » (ce n’était pas une bretelle d’entrée sur autoroute on plus !), je pense qu’ils ne m’ont pas poursuivi. Il ne m’a quand même pas fallu beaucoup de mètres pour me rendre compte que je n’avais à priori rien à faire sur une route pareille, mais comme j’étais saoulé des déviations de voies vertes qui n’étaient suivies d’aucun itinéraire bis (les entreprises qui font les travaux devraient avoir des amendes pour ça !), je n’avais pas du tout envie de faire demi-tour ! Déjà parce que j’aurais sans doute risqué ma vie ! Ensuite parce que j’ai pu, par miracle, trouver une sortie, après 2 kilomètres environ, pour déboucher sur une route, certes pourrie, mais qui a fini par m’emmener à Persan, là où j’ai fait une pause pour remplir mes gourdes dans un café. Ensuite, je me suis bricolé un itinéraire jusqu’à Bresles, avec :
– Un arrêt brusque devant une route à 110 km/h, juste après une grosse descente, ce qui a eu pour effet de m’énerver au plus haut point, et de devoir prendre un petit chemin moisi, où j’aurais pu crever 10 fois, tellement je n’avais pas envie de faire demi-tour.
– Un passage dans la forêt, sur des chemins VTT, très jolis, mais absolument pas adaptés à mon vélo ! Pas de casse (heureusement), ça aurait pu me coûter cher ! Ils ont dû me prendre pour un mi-fou les vttistes que j’ai croisés ! Mais au final je m’en fiche, ce qui compte c’est l’Aventure !

« Heuuuuu chef, y’a un ‘blem ! On est où chef ? »
Pas de champignons à l’horizon, camarade !

Tout ça pour dire que l’on a beau savoir qu’il est dangereux de rouler sur des routes pas adaptées, mais que des fois, on est un peu à bout, et qu’on préfère prendre des risques inutiles. A méditer pour l’avenir !

J’ai fini par arriver à Bresles, dans un petit camping bien sympa (assez cher par contre), très vert, avec une belle pelouse et un joli petit ruisseau qui passe au milieu des emplacements. Un camping ouvert toute l’année apparemment, qui vit beaucoup des « habitués », comme des ouvriers du BTP qui ont des chantiers à proximité par exemple.

Tranquille au camping !

Je me suis fait un énorme tacos ce soir, au snack du camping, le cuistot s’était gouré et m’a mis 1.5 fois la dose de viande normale… Ca fait du bien, mais c’est d’une lourdeur !!! On verra comment je me sens demain !

Mardi 21 juillet, Amiens (Somme, département 80) – JOUR 17

Parti de Bresles sous un joli soleil, j’ai pris la direction de l’ouest jusqu’à Beauvais, où j’ai eu le vent dans le dos. Mais seulement sur 10 kilomètres… J’ai traversé Beauvais, sans m’arrêter, pour me retrouver sur une départementale avec un vent de face, de malade ! Houlà là si ça m’énerve ce vent ! En plus, le fait de se retrouver sur des départementales non adaptées au vélo, ça signifie :

– Subir le relief « naturel », c’est-à-dire monter et descendre tout le temps (chose dont on se fiche complètement en voiture)
– Subir le vent, car rien ne fait barrage à celui-ci sur des routes qui passent à travers champs
– Subir la circulation des poids lourds et voitures, ce qui est sans doute le point le plus dangereux (la sécurité)

On est bien d’accord, que par rapport à une voie verte qui longe un canal, c’est beaucoup moins confort…
Enfin bon, je suis passé devant beaucoup de cimetières anglo-saxons, disons, par rapport aux nombreuses batailles qui ont eu lieu dans la Somme pendant la première guerre mondiale. Britanniques, canadiens, australiens, néo-zélandais, sud-africains. Beaucoup de monuments en hommage aussi.
C’est seulement l’après-midi que j’ai enfin pu rejoindre un bout de voie verte, mais pour le coup plutôt pour VTT. C’est-à-dire, un chemin en terre, en herbe, et en cailloux. Vous allez me dire que je suis relou à toujours me plaindre, et vous n’auriez pas tort… Mais disons que je découvre le pays pour le pire et le meilleur, comme on dit ! Heureusement le coin est joli, et il fait beau. Parce que de rouler sur de l’herbe, avec des bosses partout, et sous une grosse pluie, j’ose même pas imaginer !

Enfin arrivé dans la banlieue d’Amiens, j’ai été malgré moi témoin d’un gros accident : un camion plateau s’était carrément encastré dans une maison ! Complètement à travers le mur en pierres ! Sous le choc, je me suis dit que, finalement, de rouler dans l’herbe, ce n’est pas si mal…

Enfin arrivé à Amiens, tout cramé, j’ai chillé un peu dans la ville en attendant ma pote, et ensuite j’ai pu me doucher et me changer, avant de visiter la magnifique cathédrale. Vraiment sublime, sans doute la plus jolie qu’il m’a été donné de visiter. Profitons-en avant qu’elle ne brûle elle aussi !!!

La façade de la cathédrale d’Amiens
Regardez-moi ces superbes couleurs !

J’ai mangé au resto le soir, ma pote ayant un empêchement, et j’ai pu discuter avec un couple d’allemands (de Berlin) qui dinait à la table d’à côté, c’était sympa ! Anglais et allemand au programme. Je ne connaissais pas bien l’accent berlinois, une nouveauté pour moi. C’est fou comme, en tant qu’étranger, on perçoit si difficilement les accents des natifs ! Imaginez un anglais qui apprend le français, et qui est confronté à un marseillais, à un alsacien, ou à un toulousain !

Mercredi 22 juillet, Boiry-Notre-Dame (Pas-de-Calais, département 62) – JOUR 18

Et bien les amis, je me suis encore tapé une journée avec le vent de face, ça me gonfle mais alors d’une force !!! Je pense que je ne viendrai plus faire de vélo dans cette région. Et vu le nombre d’éoliennes que j’ai croisées, on peut être sûr que je ne l’ai pas inventé ce vent !
Enfin bref, j’ai encore bien rougi avec le soleil, et j’ai fini par dévier volontairement de la véloroute qui monte jusqu’à Arras, la V32 (qui en réalité commence à Paris), pour faire halte dans un camping bien sympa à Boiry-Notre-Dame. Il fait un temps exceptionnel au moment où j’écris, et je suis content de me dire que je vais pouvoir me reposer un peu… Après avoir monté le campement, je suis allé me baigner vite fait à la piscine, mais comme il y avait plein de gamins qui hurlaient de partout, et très fort, on va dire que je me suis juste rafraîchi un peu.
Il y a un Spa dans ce camping, mais fermé pour cause de restrictions sanitaires. C’est ballot, je pense que ça m’aurait fait du bien aux cuisses de me poser un peu sans bouger, mais bon…
Enfin bref ! Je suis retourné faire 2-3 courses au village d’à côté (mais sans bagages !), ce qui a porté mon nombre de kilomètres journalier à 100. Je suis dans ma moyenne on va dire, sauvé ! Mais avec le vent c’est ouf comme on force plus !
Je me suis mangé un ananas bien bon, c’est tellement plaisant de manger des bons fruits après l’effort, et quand on a l’estomac vide ! On tire le maximum de profit des fruits avant le repas, et non pas après, il faut le avoir !
Le camping n’est pas trop rempli, mais un peu quand même. Il y a comme souvent beaucoup de caravanes et camping-cars, et aussi des vans aménagés. Ils sont stylés ce qui ont le toit ouvrable pour faire une chambre 2 places, en plus des 2 places de la banquette arrière « normale ». C’est pas mal de pouvoir partir à 4 personnes avec un van, quand même bien moins encombrant qu’un camping-car ! Mais c’est moins confort, c’est sûr. Après, j’imagine que de voyager en van implique de passer la majorité de son temps en extérieur, pas dans le van à proprement parler. C’est sans doute un bon compromis quand je vois moi, en vélo, qui passe mon temps dehors, qui dors presque dehors en tente, et qui dois me trimballer quand même 25 kilos de matériel en permanence. Tout ça pour un confort assez limité, somme toute.

Pour en revenir à l’itinéraire du jour :

La route était sympa aujourd’hui, c’était essentiellement des routes de campagne, avec des indications ! C’est donc pratique !
J’ai subi ce matin, je n’avais pas beaucoup d’énergie.
Je me suis arrêté à Corbie, village mignon qui connut prospérité au 13ème siècle, grâce à la culture de la waide (nom picard de la Pastel des teinturiers), utilisée notamment pour produire des teintures bleues à partir de ses feuilles.

abbaye-saint-pierre
Admirez la belle couleur bleue des portes de l’Abbaye Saint-Pierre de Corbie (Somme)

On trouve encore pas mal de monuments liés à la guerre de 14-18, en mémoire aux combattants morts dans cette partie de la France. D’ailleurs la véloroute suit ce qui s’appelle le « circuit du souvenir », en hommage aux événements de la Grande Guerre.
Assez vallonée cette partie de la France d’ailleurs. Pour le plus grand plaisir de mes jambes…

Mémorial de Thiepval, à Authuille (Somme)
véloroute
la Tour d’Ulster, commune de Thiepval (Somme)

Ce midi j’avais grave envie de manger au resto, un bon petit plat comme on dit, sauf que dans les rares villages que j’ai traversés, tout était fermé ! Mais tout quoi, boucheries, boulangeries, restaurants, c’était d’une tristesse…
Il n’y a que les éoliennes qui avaient l’air de bouger. dans ce coin-là !
Si c’est laid ces champs d’éoliennes je trouve ! En France ils ont réussi à imposer une distance de seulement 500 mètres vis-à-vis de toute présence humaine ou animale, quand dans la plupart des autres pays la loi oblige 1 500 mètres. Tu m’étonnes qu’il y ait des impacts sur la santé des élevages et des habitants en étant si proche ! Tout ça pour produire une électricité plus chère que celle qu’on achète « normalement » chez EDF. En fait, il n’y a rien qui va avec les éoliennes. Je vous recommande ce super documentaire pour vous faire votre idée. Que ce soit en prenant le train ou en voyageant à vélo, rien n’est plus laid que ces espèces de grandes épingles qui attirent l’œil par leur laideur, alors que c’est une catastrophe écologique. Comme souvent on peut parler d’inversion accusatoire. Le Mal c’est le Bien. Et les gens, à cause du matraquage médiatique, qui se laissent glisser sur la pente qu’on leur construit pour eux, bien gentiment. Enfin bon, moi qui suis somme toute optimiste, je pense que le vent tournera (sans jeu de mots), et les Jadot (il n’y a qu’à voir sa sale tête), les S.Royal, les Pompili, etc, toute cette clique d’usurpateurs finiront par payer pour leur trahison. Et c’est pareil pour les Macron et compagnie. Mais, pour cela, il faut effectivement faire un gros travail d’éveil des consciences.

Des éoliennes, en veux-tu en voilà !
Calme-toi, il y en aura pour tout le monde !

Finalement j’ai fini par arriver à Ayette où j’ai enfin pu trouver un petit resto. Mais j’étais le seul client. En même temps il devait être pas loin de 14 heures… Ça ne m’a pas empêché de prendre entrée/plat/dessert, et de repartir vers le nord pour finir ma journée à travers des petits patelins sympas, au milieu des champs.
Tiens, je suis passé devant une sucrerie pas loin de Boiry-Notre-Dame. J’ignorais qu’on en avait en France des usines de production de sucre ! Ils fabriquent du sucre et des produits dérivés du sucre à partir d’une variété de betteraves spécifique. Après réflexion, on a bien Beghin-Say et Saint-Louis, donc pas étonnant qu’on produise du sucre tout de même !

Sucrerie Tereos à Boiry-Sainte-Rictrude

Demain c’est décidé, je vais à Lille en train ! J’ai pas envie de traverser toute la banlieue en vélo, et puis c’est pas mal d’arriver en plein centre-ville en train je trouve, d’un coup comme ça ! Déjà ça change, et puis ce sera la surprise !

Jeudi 23 juillet 2020, Lille (Nord, département 59) – JOUR 19

Bon, ce matin j’ai quand même roulé une heure, entre le camping et Arras. Une bien jolie ville, dont je n’avais jamais entendu parler avant ce tour de France. J’ai pris mon temps ce matin, ce qui fait que je suis arrivé à Arras pour déjeuner. J’ai fait simple, une salade sur une terrasse, sur la Grand-Place qu’ils l’appellent. Comme à Bruxelles d’ailleurs ! Bien jolie cette place, ça fait très « Nord » comme architecture je trouve. Ça ressemble à ce qu’on peut trouver aux Pays-bas ou en Belgique.

Grand-Place d’Arras

Et ensuite j’ai pris le train jusqu’à Lille Europe. J’avais hâte d’arriver dans cette ville dont on m’avait plusieurs fois vanté les attraits !
Dans le train j’ai vu 2 jeunes de mon âge qui avaient aussi un vélo équipé pour le voyage. Sauf qu’eux étaient équipés en mode bikepacking qu’on appelle, cette façon légère de faire de l’itinérance, avec des sacoches de cadre et un matériel réduit. C’est bien niveau poids, car en plus on peut partir avec un vélo de route, mais on sacrifie le confort, c’est ce qu’ils m’ont appris.
Un des deux m’a même donné son numéro, au cas où je passe pas loin d’une maison de famille à lui en Normandie. Sympa non ?
Ensuite je me suis dirigé vers l’hôtel, que j’ai choisi exprès en plein centre, pour éviter de perdre trop de temps dans des transports en commun. J’ai trouvé un 3 étoiles, comme d’habitude 1 heure avant d’arriver, l’avantage c’est qu’il y a toujours des chambres disponibles dont le prix est abaissé. Car pour un gérant d’hôtel, autant avoir un client qui est moins rentable que d’habitude plutôt que pas de client du tout ! Enfin j’imagine, j’en sais rien en fait !
Bon, pas terrible l’hôtel d’ailleurs, ascenseur hors de service (super quand t’as autant de bagages et que t’es au 4ème). J’ai une odeur permanente d’huile de friture quand j’ouvre les fenêtres (bienvenue dans le Chnord ?). Et aucun moyen de laisser mon vélo dans l’enceinte du bâtiment… Ça démarre bien ce séjour, dis !
Je commence à croire que les annonces de dernière minute ne sont pas toujours gage de qualité ! Enfin bon. La demoiselle de l’accueil m’a tout de même donné un tuyau, que je vais donner à mon tour : dans le parking Indigo sous le centre commercial Euralille, il y a un parking vélo, protégé par des grilles. On peut y mettre son vélo même si on ne fait pas de courses dans le centre, et c’est 24h sur 24, 7 jours sur 7 ! Donc j’ai laissé mon vélo là-bas, je pense que je resterai à pieds pour les 3 nuits qui s’annoncent. Ça changera du vélo !

Ci-dessous le récit et les photos rajoutés à ce stade du récit, pour avoir une « cohérence » dans la narration.

Le séjour à Lille était cool, j’ai trouvé effectivement que c’était une jolie ville (je parle du centre-ville, c’est tout ce que j’ai vu). Beaucoup de pavés, beaucoup de bâtiments typiques, beaucoup de bars et restaurants. La base pour un bon centre-ville !
J’ai beaucoup mangé, pas mal bu, et beaucoup dormi ! Il fallait tout de même faire quelques incontournables : le parc de la citadelle Vauban (seulement le parc, car la citadelle est toujours utilisée par l’armée, donc non accessible… En tout cas je ne m’y suis pas risqué !), une gaufre et un chocolat chaud bien épais de chez Meert (miam miam !), un welsh (qui en réalité est, comme son nom l’indique, gallois), et de la bière blonde locale (perso trop forte à mon goût, car j’apprécie d’avantage les bières légères type allemandes).
J’ai marqué le coup le dernier soir en allant dîner au restaurant « la terrasse des remparts », restaurant au-dessus de la porte de Gand. Certains n’apprécient pas d’aller au restaurant tout seul, moi ça ne me dérange pas trop… D’autant que je n’ai personne dans cette ville avec qui partager un repas ! Je préfère largement manger seul au resto que seul dans ma chambre d’hôtel qui sent la friturrre ! Par contre au resto ils abusent grave sur la bière, 10 euros la pinte de Leffe… C’est de la folie ! En plus, la serveuse me l’a servi dans un verre chaud qui sortait du lave-vaisselle… Hmm hmm. Enfin bon, ce qui compte ce sont les souvenirs, le prix on va dire que c’est « annexe »…
Sur la ville entière, je sais que j’ai loupé plein de choses, mais après tout je ne peux pas tout faire non plus ! Le vrai plaisir résulte, à mon sens, dans la promenade : errer sans objectif particulier, se laisser surprendre avant tout !

Tout est en briques dans le Chnord !

2 réflexions sur « Paris-Lille : entre vent et mémoire »

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